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Jummah Masjid v/s Sida

Jummah Masjid v/s Sida
La Jummah Mosque combat le Sida et d'autres fléaux sociaux
Profitant du mois du Ramadan, la Jummah Mosque a mobilisé des responsables religieux, les encourageant à se jeter dans le combat contre le Sida et d'autres fléaux sociaux qui rongent le pays. Plusieurs rencontres ont été animées par deux travailleurs sociaux, le Dr Fayzal Sulliman et Samioullah Lauthan. Pour Nissar Ramtoolah, président de la Jummah Mosque, " cet exercice a été très bien accueilli par la communauté et le travail doit absolument être poursuivi. "
Au préalable, une formation réunissant une centaine d'imams responsables de différentes mosquées régies par la Jummah Mosque avait été organisée. " Nous avons des défis à relever et nous devons faire face à nos responsabilités, tant envers la communauté que la société. Il y a beaucoup de problèmes et nous ne pouvons nous voiler la face, explique Nissar Ramtoolah. Ce séminaire s'inscrivait dans cette optique. " Lors de cet exercice qui s'est voulu un état des lieux des problèmes sociaux auxquels fait face la communauté musulmane, " travailleurs sociaux et professionnels œuvrant dans différents domaines, nommément la médecine, l'économie, l'éducation, entre autres, sont intervenus. " Dans le sillage de l'exposé du Dr Sulliman, attaché au Centre Idrice Goomany (CIG) de Plaine Verte et qui se spécialise dans le traitement des toxicomanes, " plusieurs imams ont souhaité démarrer un travail commun avec l'aide des ressource persons tels que lui. "
Le rapport Rapid Situation Assessment publié en 2004 ayant établi que les deux communautés les plus touchées par la toxicomanie à Maurice sont les musulmans et les créoles, les chefs religieux de ces deux communautés ont décidé de réagir. Le Conseil des Religions s'acquittant essentiellement de l'interactivité entre les différents groupes religieux vivant dans le pays, les autorités religieuses respectives " ne peuvent rester les bras croisés ", signale N. Ramtoolah. Citant le Coran à l'effet que nul ne doit rester insensible face aux malheurs des autres, le président de la Jummah Mosque relève que " certains imams avaient même pris l'initiative personnelle d'évoquer le problème de la toxicomanie et du Sida lors de leurs sermons. "
Le mois du Ramadan a ainsi été ponctué d'interventions par le Dr Fayzal Sulliman et Samioullah Lauthan, au titre de travailleur social, dans plusieurs mosquées de l'île. Baie-du-Tombeau, Bain-des-Dames, Pailles, Cassis... ont accueilli ces deux intervenants.
" J'ai essentiellement évoqué la corrélation entre la toxicomanie et le Sida, et la propagation du virus par les seringues souillées, explique le Dr Sulliman. Mes interventions ont été axées principalement sur un survol de la situation dans le pays ; les modes de transmission du virus et les traitements. " Le scientifique relève que " bon nombre de personnes ont souhaité savoir plus sur ces sujets et, une fois de plus, je me suis retrouvé confronté aux croyances et préjugés qui ont la dent dure chez les gens quand il s'agit du Sida. " En effet, poursuit le médecin, " ils sont nombreux à toujours penser qu'il ne faut pas coucher dans le même lit qu'une personne séropositive ; ne pas partager son assiette, voire, même pas la toucher au risque d'être contaminé ! " L'occasion lui a été donnée de rectifier ces fausses conceptions.
Samioullah Lauthan a orienté ses interventions sur les différents problèmes en mettant l'accent essentiellement sur la vulnérabilité des jeunes face aux drogues et autres tentations qui les guettent.
" On ne peut en rester là avec cet excellent travail qui a été entamé, souligne Nissar Ramtoolah. Maintenant que le rythme a été trouvé, il faut poursuivre dans le même esprit. " De ce fait, d'autres mosquées du pays accueilleront les deux intervenants dans un futur proche.
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Objectif : évoluer
" Le mal est partout et s'adapte aux évolutions technologiques, relève Nissar Ramtoolah. Notre but est de combattre le mal sous toutes ses formes. " De ce fait, depuis l'an dernier, la Jummah Mosque a démarré une formation à laquelle participent une quarantaine de chefs religieux. Ils sont ainsi initiés, entre autres, à l'informatique et l'usage des ordinateurs. " D'ici trois mois, environ, poursuit notre interlocuteur, nous aurons une Lecture Room flambant neuf où pourront se réunir, en même temps, une centaine d'imams. C'est important pour l'échange d'idées et d'expérience du travail. " Parallèlement, la Jummah Mosque souhaite " créer des ponts entre les chefs religieux et les professionnels engagés dans différents secteurs afin de créer un réseau d'intervention pour venir en aide à ceux qui en ont besoin. "
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Prisons : nécessité d'encadrer
" Grâce à un accord et de bonnes relations avec le Commissaire des Prisons, plusieurs imams interviennent régulièrement dans les prisons de l'île. Dans le sillage de ces rencontres ponctuelles, nous nous sommes rendus compte qu'il existe une énorme lacune en ce qui concerne les détenus quand ils ont terminé leurs peines. " En effet, Nissar Ramtoolah explique que " tant qu'ils se trouvent à l'intérieur des prisons, ces détenus bénéficient d'un encadrement et d'un accompagnement de différents services, dont de la part des religieux. Cela les aide à retrouver confiance en eux-mêmes et ils se sentent revalorisés. Aussi, ils souhaitent, en sortant de la prison, prendre de l'emploi et rompre avec leurs passés de délinquants, etc. " Hélas !, relève le président de la Jummah Mosque, " quand ces détenus sortent de prison, il n'y a pas grand-chose comme structure pour les aider à retomber sur leurs pieds. Ce qui les amène, pour la plupart, à rechuter, s'ils sont toxicomanes, par exemple. Et au bout du compte, ils se retrouvent à nouveau en prison ! " A cet effet, la Jummah Mosque souhaite travailler à l'élaboration d'une structure pouvant veiller à l'encadrement de ces personnes vulnérables.

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# Posté le lundi 22 octobre 2007 01:58

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